Après le global Village, il était temps de sortir un peu du surréal et de rejoindre la nature, quoique avec un caravan de 4×4 remplis de touristes européens et est-européens. Nous sommes allés passer une soirée dans le désert.
Après une bonne heure de “montagnes russes” en jeep sur les dunes et de longues pauses pour jouer dans le sable et admirer le coucher du soleil au désert, nous sommes allés souper sous le ciel étoilé dans des tentes aménagées style bédouin.![]()
Après le méchoui, vint la danseuse baladi bien sûr qui a fait saliver les hommes avec ses hanches, ses castagnettes et son épée. Autre effet secondaire de la mondialisation, il n’y a presque plus de danseuses baladi d’origine arabe, la vaste majorité sont des est-européennes, surtout de la russie ou de la roumanie qui se dotent
d’un nom archi-arabe et apprennent aussi bien la langue que la danse. Les danseuses arabes, surtout des égyptiennes et des libanaises se trouvent de plus en plus dans des troupes professionnelles où on crée des chorégraphies baladi-ballet qu’on interprète dans les salles de théâtre. Elles se dissocient de plus en plus de la danse baladi populaire qu’on dansait auparavant dans tous les salons publics et
privés. C’est une sorte d’esthétisation de la danse qui n’est pas sans lien aussi avec un désir de légitimer ce type de danse associé à des activités “interlopes”. Paradoxalement, si ce n’était pour les russes, la danse dans son incarnation populaire, i.e. dans les cabarets et les restaurants arabes ne serait plus. Le même phénomène se trouve à Montréal, où la danse baladi a été récupérée par des femmes québécoises de souche, surtout dans les restos arabes.
Par ailleurs, je suis fascinée par la situation linguistique ici. Contrairement au Québec, il n’y a quasiment pas de politique linguistique aux Émirats. Bien sûr la langue officielle c’est l’arabe mais dans les faits, c’est l’anglais et l’urdu qui sont utilisés le plus souvent. Dans les centres d’achat, si vous parlez seulement l’arabe, vous aurez de la misère à vous faire servir! Mais puisque le pays ici n’est pas un pays d’immigration et qu’ils (les autochtones du Golfe) ne veulent pas nécessairement “intégrer” les gens qui viennent de tous les coins du monde pour travailler et profiter du boom économique que leur offre Dubai, on ne fait rien pour les obliger à apprendre l’arabe. C’est le pays des nomades par excellence. Les gens viennent, travaillent, font de l’argent et quittent et ceci vaut pour tout le monde, qu’on soit un ouvrier de construction indien ou une seveuse malaisienne ou un ingénieur palestinien. Ainsi, ce pays ultramoderne reste toujours fidèle à son héritage bédouin et nomade (je ne serais pas surprise que ce soit justement cette mentalité bédouine qui inspire leur politique de migration, d’intégration et de langue).
D’autres chroniques viendront. Je tiens durant ce séjour à visiter les lieux les plus ancestraux à la quête de l’histoire de cette ville qui ne fait que regarder vers l’avenir.
À plus!
Yara
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