Impressions londoniennes


Chers tous,

Alors voilà. Ça fait presque deux semaines que nous sommes à Londres. Nous nous installons tranquillement dans notre quartier de Balham. Toujours entourés de boîtes d’Ikea (oui merci la mondialisation, au moins là je ne me sens pas perdue!), mais bon, au moins, nous avons un lit, une théière, un divan et les outils de base pour cuisiner (j’aurais mis la théière en premier, mais je ne voulais pas vous choquer!)

Ah, parlons cuisine: Les appareils électroménagers ici me sont encore très mystérieux! Disons, ou bien on nous prend pour des idiots en Amérique du nord (les instructions font des livres à part) ou bien les Anglais se prennent pour des Sherlock Holmes (il n’y a quasiment rien d’écrit sur les appareils! Tout fonctionne par symbole et bon, je joue à l’art de la déduction à la Holmes et au déchiffrage de symboles depuis notre aménagement!). Puisque l’appartement est loué, pas de manuels non plus. Et pusique le modèle de l’appareil n’est même pas indiqué, Anas passe son temps à chercher des manuels sur internet en tentant de faire correspondre le bon manuel au bon appareil!



De Montréal à Londres, via Johannesburg et la Palestine


Chers tous,

Me voilà à Londres, après un séjour d’une semaine en Palestine, où j’avais laissé les filles durant mon séjour à Johannesburg. Anas (mon mari) était entre-temps à Londres où il nous a trouvé un appartement.

Oui chers lecteurs, après 21 ans à Montréal, j’embarque de nouveau sur le navire de l’immigration… Je vous reviendrai là-dessus prochainement…

La Palestine était magnifique, malgré l’abus des Israéliens qui m’ont interrogée pendant une heure et demie en rentrant (trois interrogateurs différents dans trois bureaux différents posant les mêmes stupides questions), et nous ont fouillés pendant encore une heure et demie en sortant… Je suis arrivée avec le Ramadan et j’ai jeûné par solidarité avec la belle-famille, ce que je n’avais pas fait depuis l’âge de 12 ans! C’est touchant d’être à table, une vingtaine de personnes, sur le balcon, devant un repas succulent et plonger là-dedans à l’appel de l’Adan qu’on entend résonner partout autour de nous, au coucher du soleil…



De l’Oriental Plaza à Hillbrow en taxi


Chers tous,

Je vous écris juste avant de quitter Joburg. Ce séjour a été absolument magnifique. Il a dépassé toutes mes attentes. Les derniers jours ont été consacrés à découvrir d’autres quartiers et visages de la ville. Je suis allée à Mayfair, le quartier des communautés musulmanes africaines et sud-asiatiques. Donc des indiens musulmans, des pakistanais, des somaliens, etc. C’est incroyable, mais on a vraiment l’impression d’entrer dans un autre univers, où les filles qui sortent de l’école portent parfois des voiles, et les hommes, des jilbaba blancs. J’ai mangé avec deux amis dans un restaurant pakistanais qui s’appelle Bismillah (Au nom de Dieu en arabe). Absolument délicieux! Et nous sommes allées ensuite magasiner dans ce qu’on appelle le Oriental Plaza, un souk indien. Durant l’apartheid, le gouvernement avait concocter ce souk pour circonscrire les sud-africains d’origine indienne à un espace désigné, de peur qu’ils se mélangent avec les Blancs. Étant Indiens, et non tout à fait « Noirs », étant aussi pour la plus part des marchands qui interagissaient, de par leur métier, avec les différents groupes et communautés, incluant les Blancs, il y avait toujours « plus de chance » qu’il y ait des relations et des intermariages avec les Blancs, puisque les Indiens ( appartenant à la catégorie “colored”) ne subissaient pas les mêmes restrictions que les Noirs.

Alors le gouvernement de l’apartheid espérait les contenir en leur accordant un lieu pour socialiser loin des milieux blancs. La stratégie a eu l’effet contraire. Les tissus indiens et produits indiens ont été si populaires parmi la bourgeoisie blanche que le souk a vite gagné une réputation bien au-delà de la communauté indienne. Il est aujourd’hui l’un des lieux branchés de la ville. Je me suis achetée une magnifique jupe style “sari” et des souliers ottomans et des sacoches fabriquées en Afghanistan (vous voyez le genre!).



Une journée à Sun City et à Yeoville


Chers tous,

Je suis rentrée d’une très émouvante journée… J’étais allée avec une collègue en prison! Une artiste américaine a mis sur pied un projet de théâtre avec des femmes prisonnières qui sont initiées aux arts de la scène et qui donnent un spectacle de chant, de danse et de théâtre une fois par année. C’est souvent la seule occasion pour ces femmes pour sortir de leur prison et voir le monde extérieur. Le spectacle leur permet à la fois de raconter leurs histoires, exprimer leur sentiments, et guérir les blessures. Chaque femme durant le spectacle prend, à un moment donné, le mic et s’adresse à ses aimés, à la société, à elle-même… C’était si bouleversant de voir ces femmes partager leurs expériences… souvent des tragédies horribles…. Des femmes abandonnées ou abusées par leurs maris qui finissent dans la drogue et la prostitution, d’autres qui ont tué leur mari qui les abusait, d’autres encore qui ont été vendues par leur mère et père alcoolique… La souffrance, une souffrance inimaginable… Et de les voir, sur scène danser, chanter, dire leur peine. Et de voir dans leurs yeux la fierté d’être là devant nous entendues, appréciées…

Le spectacle s’inspirait surtout des musiques et danses traditionnelles de l’Afrique du Sud, que ce soit les danses zoulous ou les chants chorals… ou les gospels ou les chants liturgiques en anglais ou afrikaans. C’était absolument magnifique… J’ai pris en vidéo une partie du spectacle. L’un est du numéro d’ouverture dans lequel les femmes performent des danses traditionnelles et l’autre met en scène le chant choral qui est très répandu en Afrique du sud. Vous trouverez des extraits en cliquant sur le lien suivant:



Sawubona de Johannesburg


Mes chers tous,

Je vous écris depuis Johannesburg. Là où je suis allée à la fois pour entamer mes recherches postdoctorales que pour assister au Johannesburg Workshop in Theory and Criticism à Wits University qui est organisé par Achille Mbembe et un groupe de chercheurs de disciplines différentes.

Je suis arrivée dans la Cité d’or (Egoli, son nom africain original) dimanche matin et avant même d’entrer dans ma chambre d’auberge, je suis partie avec deux collègues que j’ai rencontré l’an dernier explorer la ville. Non. Pas de repos pour Yara, pas une minute à perdre. Trop de choses à vivre, à savourer. Nous sommes allées découvrir des installations d’art public au coeur du centreville, dans des quartiers que les gens ont peur de fréquenter à cause des rumeurs de violence et de criminalité. Nos rencontres avec les gens dans la rue m’ont beaucoup marquée.



Les milles visages de Shanghai


Chers amis,

Il est presque 6h du matin. Nous rentrons ce soir à Montréal. Hier était une magnifique journée. Je suis sortie très tôt le matin et j’ai pris le métro pour aller découvrir Shanghai à pieds. J’ai marché des heures et des heures, littéralement des dizaines de kilomètres si l’on juge par la distance et par les heures de marche (j’ai marché de 8h jusqu’à 16h l’après-midi, ne prenant qu’une pause café d’une demie heure!) et j’ai exploré des quartiers absolument fascinants, comme le quartier de la concession française qui date de l’époque où Shanghai était habitée par des milliers et de milliers de colons, de réfugiés, d’aventuriers et de marchands européens qui se sont établis dès le 18e siècle (avant même je pense) en diverses concessions territoriales. Shanghai était la porte vers la Chine, le centre de la commerce internationale de l’opium, du jeu, et de la prostitution.

Les Français, Anglais, Américains, Néerlandais et Russes sont tous venus et se sont établis soit pour faire la commerce avec les marchands chinois qui gouvernaient Shanghai, plus tard, pour fuir les deux guerres mondiales, la dépression des années trentes, soit pour se refaire une vie après un scandale dans le pays natal, ou vivre loin des restrictions victoriennes. Shanghai était un port complètement ouvert, pas besoin de passeport ou de n’importe quelle pièce d’identité pour y entrer et s’y installer. C’était un paradis pour celui qui voulait recommencer sa vie ou aller à l’aventure comme ces Européens qui ont laissé leur marque sur l’architecture.

De l’autre côté, il y avait aussi la Shanghai des Chinois, qui contrairement au reste de la Chine était divisée et gouvernée par différentes associations marchandes et de guildes, ce qui a contribué à lui donner ce caractère unique qu’on trouve nulle part ailleurs en Chine. J’ai marché aussi dans plusieurs des grandes artères ultramodernes de la ville aux dimensions hallucinnantes. Tellement que chaque intersection est couronnée d’un viaduc pour piétons en forme de grand rond-point suspendu au-dessus du boulevard.



Noël à Beijing


Chers amis,

Je vous écris depuis la Chine. Nous sommes partis, mon mari et moi à Beijing la veille de Noël, pour y rester 3 jours et hier, nous sommes repartis pour Shanghai. Je n’ai qu’une ou deux photos pas très intéressants pour vous en ce moment. Il faut attendre mon retour car la plupart des photos ont été prises sur une autre caméra et j’ai oublié le cable pour la brancher et téléverser dans mon ordi les photos!

À Beijing, nous sommes restés au coeur de la ville, dans un hotel fait pour les “business travellers”. En fait j’accompagne mon mari à un voyage d’affaires pour la première fois, la sorte où tout est sur le compte de la compagnie. Une occasion rare pour l’anthropologue, habituée de se trouver l’auberge la plus cheap quand elle voyage, d’avoir un goût de la vie de ces hommes d’affaires des multinationales américaines. Quand je pense à mon lit défoncé et l’odeur de la marijuana dans ma minuscule chambre d’Amsterdam, ou à ma salle de bain communale à Paris, ah! Si vous avez vu Up in the Air, ça vous donne un peu le ton! C’est le luxe avec un grand L et l’extravagance perfectionné comme seuls les Chinois, dressés par des décennies de communisme peuvent le faire. C’est impressionnant. Au Rez de Chaussée de l’hotel, difficile d’imaginer qu’on est dans un pays communiste ici. Des arbres de Noël partout et des chansons de Noël, les plus classiques dans des versions archi-kitsch, style musique d’ascenseur ou de boîte musicale. Des hommes d’affaires chinois, qui portent sur les corps le gras du capitalisme. Nous avons eu deux jours pour visiter un peu la ville.

Le premier jour, nous fîmes une très longue promenade à pieds dans les rues de Beijing. Pas moins que 3 heures de marche depuis tôt le matin, malgré une vague de froid glacial qui a enveloppé la ville, -12 la température, mais pas un seul flocon de neige. L’hiver chinois est aride, désertique. S’il ne faisait pas froid, on n’aurait pas vu la différence entre l’été et l’hiver. J’ai visité le notorieux Tiananmen Square et la Cité interdite. C’était magnifique, malgré le froid. Nous étions quasiment les seuls visiteurs non-chinois, les Occidentaux ne viennent pas l’hiver et surtout pas durant le temps des fêtes. La vaste majorité des touristes durant cette période viennent des autres provinces de la Chine. C’était fascinant de regarder ces visages à la fois qui se ressemblent et qui sont si différents, représentant bien ce vaste territoire, des visages qui évoquaient tantôt le grand Nord, et des visages entourés de foulards musulmans, des costumes ultramodernes, très high fashion de Hong Kong et Shanghai à côté de costumes boudhistes (si je me trompe pas) ou des jilbabah musulmans. J’étais d’ailleurs surprise par la présence très visible des musulmans chinois. Dans les rues de Beijing, des pancartes indiquant “Muslim Restaurant” ornaient assez férquement les trottoires.



Souvenirs de Jobo: Mots et images


Chers tous,

Voilà, dernière nuit à Jobo. Je ne vous mentirai pas, j’ai le coeur serré. Cette ville m’a séduite, violente et laide qu’elle est, je m’y sens plus chez moi que dans la banlieue sécuritaire mais complètement vide de sens de Laval. Il y a eu aussi toutes les amitiés tissées. 10 jours de camaraderie intense depuis l’aube jusqu’à minuit. L’émotion est au rendez-vous.

Les dernières journées ont été particulièrement marquantes. Tour de ville avec un fonctionnaire civil chargé de l’agence de développement de la ville. Il a ajouté beaucoup de nuances sur le discours de Paula sur la violence, sur les buildings abandonnés du centre-ville, le succès et l’échec des projets de “regénération” des quartiers désuets. Cela étant dit, il y avait des ambiguités sur la contribution de l’agence à cette “regénération”. Son langage me dérangeait, surtout lorsqu’il parlait des “sink-holes”, des buildings en mauvais état et souvent habités par des sans-abris que la ville veut absolument réhabiliter pour les gentrifier. L’un de ces “sinkholes” est un petit immeuble qui abritait autrefois le bureau d’un jeune militant de l’ANC, Nelson Mandela. Il est aujourd’hui occupé par des familles pauvres, le propriétaire, un Indien, refuse de le céder au gouvernement étant tout à fait conscient de sa valeur affective dans cette Johannesburg post-apartheid. Résultat: l’édifice est en ruine et les différents groupes d’intérêt se battent toujours pour se l’approprier. [Cliquer sur les points de suspension ci-dessus pour lire et voir le reste]



Arrivée à Johannesburg


Chers tous,

Il est près de 14h ici à Johannesburg, Afrique du Sud. Je suis arrivée hier matin et le pays me fascine déjà. Une sud-africaine d’origine espagnole est venue me prendre de l’aéroport et m’a amenée à mon auberge dans une petite township très charmante pas trop loin du centreville qui me rappelle le côté moins prétentieux du plateau Mont-Royal. L’auberge est d’une beauté! Une petite maisonnette lovée dans un jardin tropical, tout est en bois ancien, très vieux, pas d’artifices, rien d’accorché aux murs, mais le toit est gravé comme les maisons victoriennes avec un chandelier au milieu. Tout est usé, bref magnifique. Ma chambre donne sur une porte patio vers le jardin et la salle de bain est à l’ancienne aussi, avec un bain sur pieds planté au milieu et un robinet en bronze rouillé. Pas de douche. J’ai l’impression d’avoir traversé le temps. L’auberge est sans doute une ancienne maison d’Afrikaners (les Blancs de l’Afrique du sud). Pas de téléphone, pas de télé, mais une connection internet! Pas de chauffage non plus. Il fait près de 4C le soir, avec une petite chauffeuse mobile et au moins six couvertures superposées de différentes textures pour nous garder au chaud. Le jour c’est autour de 16-17C. Je suis déjà sortie me promener, et je sais déjà où je passerai mes moments de réflexion pour le reste de mon séjour, un petit café-bistro sur le coin de ma rue, où on joue du blues, chaises en bois brulé, tables rouges, le tout très intime et encore une fois délivré de l’artifice des café modernes. On y fait d’excellents sandwichs et du café comme je l’aime, très chaud et fort sans être amer (du café Illy MC!). On peut y prendre un verre de vin ou une bière aussi. Je n’ai pas encore rencontré mes collègues. Les chambres sont assez isolées les unes des autres. C’est vraiment comme un petit cocon. Ce soir le Johannesburg Workshop in Theory and Criticism commence officiellement avec un souper chez Achille Mbembe.

On m’a avertie que le centreville est dangereux. C’est assez impressionnant car les gratte-ciel du loin sont très belles. Paula, la dame qui est venue me prendre me dit que Johannesburg est dotée de l’une des plus grandes concentrations d’Art Déco du monde. Or, cette belle architecture et son décor ont une triste histoire. Le Skyline du centre-ville est une illusion. 70% des buildings du centre-ville ont été abandonnés depuis que la bourse s’est déplacée vers le quartier nord de la ville. Toutes les corporations ont ausstôt suivi la bourse laissant derrière elles, un centreville fantôme où que des traders de rue se promènent et où des squatters ont occupé les buildings abandonnés. La nuit, c’es extrêmement périleux de s’y aventurer. Dans la périphérie de ce noyau vide, un autre quartier a été construit, le newtown. C’est le lieu où la vie de nuit se déroule, clubs, discothèques, théâtres, etc. Par contre, il est impossible de s’y proméner à pieds, trop de criminalité. D’ailleurs le transport en commun est quasi inexistant. Il n’y a que les taxis et là aussi, c’est très dangereux. C’est une véritable guerre de trenchés entre les taxis qui est traversée de tensions raciales. L’industrie du taxi est complètement non-légiférée, contrôlée par une véritable mafia et la corruption fait ravage. Pour la coupe mondial du Foot qui aura lieu à Jobo en 2010, le gouvernement a développé un réseau de micro-bus rapides. Imaginons que le gouvernement a dû tout geler car la mafia des taxis a menacé de planter des bombes à toutes les stations et à tuer ceux qui utilisent ce service!

Voilà le côté sombre de cette ville impressionnante où en prennant l’autoroute, on passe à côté des grandes dunes de terre excavée des mines d’or. Cela étant dit, en dehors du centreville, la situation est très différente. Ici, la township de Melville où nous restons, c’est plus comme un petit village. C’est quasi-autonome de la ville. Il y a un marché biologique à l’entrée de la banlieue, une petite maison d’objets d’artisanals à côté de mon auberge, des restos de tout genre, indien, japonais, portuguais, vietnamien, beaucoup de lounges où on peut prendre un drink en écoutant du bon jazz. Il y a aussi beaucoup de boutiques. On peut se promener en toute sécurité. C’est très cosmopolitain enfin. Voilà donc un petit bilan de ma première journée. Je vous reviens dans les jours qui viennent avec des petits comptes-rendus de l’atelier et des photos.

Cheers

Yara



Palestine et le deuil de Mahmoud Darwich


Textes écrits en août 2008

L’arrivée

L’après-midi s’achève à Taybeh, une petite ville arabe dans une mer israélienne. Il fait un bon 32 degrés, avec je ne sais combien de plus s’il l’on ajoute l’humidité, mais le vent du Nord est de la visite. Moi qui ne fais jamais la sieste, j’ai succombé volontiers à ses doux baisers, m’endormant avec l’amour aux temps du coléra de Gabriel Garcia Marquez couché lui aussi paresseusement à côté.

Je m’installe tranquillement dans la quotidienneté palestinienne des Arabes d’Israël, me réveillant ce matin à l’odeur appétissante des miches de pain fraîches aromatisées au safran et d’autres épices délicieuses dont le nom échappe à l’urbanisée que je suis. Sur le balcon, ma belle-mère a planté des petits arbustres et des lits d’herbes fines un peu partout. Célèbre pour mon thé, je reprends avec plaisir mon poste devant la théière quand je viens en Palestine, récoltant les petites feuilles de menthe ou de sauge ou de thym (selon les goûts) du balcon pour ma formule secrète (le secret est dans le dosage du thé, des herbes et du sucre, mais je ne vous dirai pas quel est le dosage!).

Le balcon est trop chaud durant le jour, mais en fin d’après-midi, le palmier qui n’arrête pas de s’allonger jete son ombre protecteur sur le coin à l’ouest. Cette année, ses branches portent des dizaines de kilos de dattes qui seront mûres pour être récoltées juste à temps pour le Ramadan au début du mois de septembre. Dès que le soleil s’éclipse derrière le palmier, ma belle-mère sort aussitôt avec le seau rempli d’eau et arrose généreusement le plancher. Les sièges et les tables de café envahissent du coup le balcon, et les enfants sortent en train leurs tricylettes (c’est un balcon fait pour une grande famille donc il est assez grand pour accueillir une vingtaine de personnes et une ou deux tricycettes!).