The Ghost in the Art Work


The following text was originally posted on the Johannesburg Workshop in Theory and Criticism Blog as part of a continuing conversation on the state and role of contemporary art in Africa and postcolonial societies in general. To follow the conversation see also:

African contemporary art: Negotiating the terms of recognition. Interview with Achille Mbembe

Contemporary Art: Kill and Go by Rodney Place

Yara El-Ghadban

I write a poem, then I place it in a drawer. There it stays for months before I visit it again. If I found that it resembled me then, I consider that I have not done much. If I felt as if someone else had written it, when it strikes me as an Other’s poetry, I tell myself, that I have accomplished something.
Mahmoud Darwich, Palestine as a metaphor, 1997.

Like most expats these days, I often end up in Europe for a few days, as I transit between the Middle-East and North America. When my ticket leaves me in Paris, I make it a point to visit l’Institut du Monde Arabe. This summer, I was lucky enough to stumble upon an exposition of contemporary Palestinian artists, most of whom are around my age, that is early thirties. For someone whose engagement with Palestinian music and cultural production often led her to baby-boomers and survivors of the 1960s (read the 1967 war and subsequent death of pan-Arab nationalism), I was very curious to find out what the children of these artists and events, figuratively speaking, had to say about the world they live in today. A world of utter indifference to the Palestinians, of disillusionment with peace processes, and with the dreams of liberation movements and their nationalist projects. A world where art is as entangled as it has ever been in a promise of borderlessness, constantly broken by geopolitics, cultural politics, identity politics and the unabated exercise of power.

I was quite surprised, or perhaps I shouldn’t be, to discover that the paintings and installations dealt with familiar themes – exile, displacement, memory, history, identity, violence, checkpoints – albeit in very different and innovative ways. I saw no real dividing line between Palestinian artists of my generation and their predecessors whose evocations of exile where intimately attached to an imagined Palestinian homeland. One of the works that moved me was by Steve Sabella, titled In Exile (2008), in which he had taken a seemingly dull picture of the windows facing his own apartment building in an ordinary London neighborhood and juxtaposed endless inverted reproductions of it, creating a visual illusion of movement and infinity through the classical techniques of geometrical repetition, symmetry and complementarity that are associated with the arabesque form. Exile can be quite uneventful, monotonous and redundant, a sort of continuous movement without every getting anywhere. There is nothing heroic about being just another tenant in a shapeless apartment building, no matter how tragic the events that led to you living there are. The sense of solitude, alienation and powerlessness the work expressed left me with a knot in my stomach, especially when I look outside my own window and see the long lines of eerily similar houses, clones really, that make an ordinary Canadian suburban neighborhood.

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Extrait de thèse: Mettre en scène la musique contemporaine


POUR MIEUX COMPRENDRE CET EXTRAIT, LIRE D’ABORD LA CATHÉDRALE ENGLOUTIE


D’AUTRES EXTRAITS DE LA THÈSE SONT ICI: INTRODUCTION, L’ÉLÉPHANT BLANC, CONCLUSION

Au cours de l’histoire des sociétés occidentales, la musique a trouvé refuge dans les lieux qui représentent le plus fidèlement les multiples sens qu’on lui attachait et le rôle qu’on lui attribuait dans la société. La musique des sphères des penseurs grecques habitait le Cosmos, le Christianisme l’a hébergée dans les églises, les Rois et les aristocrates dans leurs cours, les bourgeois du XVIIIième siècle l’intègrent au décor du salon. Depuis le XIXième siècle, sa maison est la salle de concert . Alors quel « maison » pour la musique contemporaine?

Il convient de rappeler, d’abord, que le Muziekgebouw s’inscrit dans une longue généalogie de salles de concerts en Europe. Ces salles ont été construites, comme le souligne le musicologue William Weber, afin de mettre la musique au centre des activités sociales. Cette tendance est arrivée à son apogée au XIXième siècle lorsque les salles de concert deviennent à la fois des lieux de vénération de la musique, ainsi que des monuments culturels et identitaires :

The concert halls established after the middle of the 19th century displayed the lofty role that concerts had come to hold in European cultural life. The most important was the Musikvereinsaal of the Gesellschaft der Musikfreunde in Vienna. Constructed in 1870, it occupied a central place on the new Ringstrasse, the avenue made possible by the removal of the ancient city wall; as such, it was not simply a place of recreation but rather a major civic and national institution. … Numerous municipal halls were built throughout Europe and North America, largely for use as concert halls; and local orchestras too became sources of civic pride and identity (Weber 2001:§4;(v)).

Si ce n’est pas certain que leur rôle est le même, les salles contemporaines occupent toujours une place importante dans l’imaginaire social comme le démontre la description suivante de l’histoire du Muziekgebouw :



Extrait de thèse: Dans la cathedrale engloutie


Lundi, 10h30 du matin. Je n’avais pas du tout dormi, ayant traversé l’Atlantique durant la nuit. J’avais hâte de retrouver l’Amsterdam que je n’avais pas vu depuis mon enfance – quelques jours passés en famille sur les canaux de la ville engloutie, un bel été entre deux voyages. L’Amsterdam dont je me souvenais était belle, accueillante, un peu excentrique, remplie de marchands égyptiens qui vendaient bruyamment leurs hamburgers sur les trottoirs touristiques. L’Amsterdam que je retrouvai 20 ans plus tard était celle qui a vu couler le sang de Van Gogh sur son vélo brisé; celle qui a vu s’élever la voix de la droite extrême au nom de la sécurité et de l’identité; celle qui a fait parader une députée musulmane en martyr de l’Islam et en modèle de la citoyenneté intégrée (pour ne pas dire intégriste) avant de l’expulser au nom des lois xénophobes qu’elle a elle-même contribué à faire adopter. Vingt ans plus tard, les Égyptiens étaient toujours là, mais recroquevillés. Il y en avait même un au petit bistro à côté de mon hôtel – un gentil homme et père de famille qui s’est octroyé la responsabilité de nourrir la Palestinienne venue depuis le Canada seulement pour la musique.

Comment ça va depuis Van Gogh? lui avais-je demandé en arabe, en attendant mon jus d’orange frais.

Et vous avez entendu parler de ça même au Canada! s’étonna-t-il.

J’ai cru détecter un soupçon d’embarras dans sa voix étonnée. Il n’a pas tardé à me dire qu’au Canada, la vie était sans doute mille fois mieux pour les immigrants que dans les Pays-Bas. Que les mythes sont séduisants de loin en effet. J’ai toujours été plus consciente de mon ethnicité sur les terres européennes. Je l’étais d’autant plus dans cette Amsterdam post-2001.



Michael Heart: We will not go down (A Song for Gaza)


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Extrait de l’Introduction de ma thèse


1   Musique, appartenance, errance

Ce projet a eu plusieurs vies; il s’est réincarné sous de multiples visages. Il me semble pertinent de retracer les diverses péripéties et métamorphoses qui ont accompagné mon travail de thèse et mené à la forme finale qu’elle a prise. Ce retour sur mon parcours permettra, je crois, de mieux situer le cadre pluriel de référence théorique auquel j’adhère, de préciser ma perspective de travail en tant qu’anthropologue de la musique et de décrire la démarche méthodologique que je privilégie dans mes recherches ethnographiques. La voie dans laquelle je compte poursuivre dans l’avenir mes recherches prolongera, en les approfondissant, les perspectives mises en œuvre dans cette thèse.

Si je pouvais résumer en trois mots les thèmes et les questions qui m’ont préoccupée depuis le début de mes études supérieures, je le ferais en accolant les uns aux autres trois mots : « musique », « appartenance » et « errance ». Sans avoir pu l’articuler aussi clairement durant ma maîtrise, mon mémoire qui portait sur la musique contemporaine  palestinienne, posait d’emblée la question suivante : comment appartenir ou comment exprimer son appartenance à un monde dans lequel se sont effrités en grande partie les repères  qui ont permis de nous situer en tant qu’individus et sociétés  à l’ère moderne?



Extrait de la Conclusion de ma thèse


Coda: Retour sur un parcours

L’anthropologue est censée entrer dans le monde de celui ou celle qu’elle tente de connaître et de comprendre. Elle est censée se soumettre à une autre parole, à une autre vision des choses et à essayer de rendre justice à cette autre vision à travers ses propres mots.

Or, avant que l’anthropologue puisse se soumettre, elle doit d’abord reconnaître le fait qu’elle pénètre dans le monde de l’Autre à partir d’une position de pouvoir, qu’elle est dominante et que c’est presque par générosité qu’elle se soumet, sachant tout au fond d’elle que ce n’est qu’un sacrifice temporaire, une offrande prêtée; qu’un jour, elle redeviendra puissante. Si ce n’est en écrivant, ce serait au moment de la publication de ses mots – ceux-ci mêmes qu’elle avait si généreusement cédés à l’Autre.

Mais que faire lorsque l’Autre est aussi puissant? Que faire devant un Autre beaucoup plus fort que celle qui prétend vouloir le représenter? Faut-il dans cette situation se soumettre également? Faut-il tenter de comprendre malgré tout celui-ci même qui domine? Comment « provincialiser l’Occident »  avant même de reconnaître sa dominance?



Moi, mes souliers me portent en Palestine


Je pars ce soir pour la Palestine, et j’amène les mots de Leclerc avec moi

Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé
Ils m’ont porté de l’école à la guerre
J’ai traversé sur mes souliers ferrés
Le monde et sa misère

Au paradis, paraît-il, mes amis,
C’est pas la place pour les souliers vernis,
Depêchez-vous de salir vos souliers
Si vous voulez être pardonnés …

Félix Leclerc, 1950



Extrait de thèse: L’éléphant blanc


Une semaine à Paris; pour renouer avec les compositeurs que je n’avais pas vus depuis des années. Après les retrouvailles, les retours sur leurs trajectoires; après le thé, les discussions et les débats sur un petit texte que j’avais écrit à partir de leurs expériences, je me suis permise l’indulgence de visiter la ville des Lumières et de m’immerger dans tout ce qu’elle offrait de culture, de théâtre, de musique …, et d’anthropologie.

À Paris, j’ai croisé Sand et Musset faisant l’amour sans la moindre pudeur dans un petit théâtre aux sièges en velours, la dévoreuse de l’enfant du siècle se laissant volontairement dévorer par l’amour et par les grandes idées. Et derrière les coulisses, Chopin attendait, ses préludes pour piano réduits à une musique de fond, mais tout de même préfigurant les amours à venir pour l’écrivaine androgène. À Paris, j’ai médité sur la colonie pénitentiaire de Kafka. Un petit monologue d’une grande violence, que seule la lucidité peut enfanter.

Il y a eu aussi les marches interminables sur l’île de la Cité et ses ponts où se croisaient les grands rêveurs de la modernité. Il y a eu l’Église ensorcelante et l’Université. À côté de Notre Dame de Paris, la Sorbonne m’est apparue pas plus qu’un Quasimodo mal déguisé. Un monstre camouflé de belles idées.



La leçon de piano


Miss Joyce était indienne, belle aux grands yeux du sous-continent asiatique et aux lèvres généreuses, le chignon élégant remuant les mèches blanches dans un tourbillon de cheveux bruns. Je me souviens de ses mains, de ses ongles ovales bien entretenus couronnant des doigts filiformes et des veines, racines de la vie, s’étendant du tronc du poignet pour se déverser dans ses doigts. J’ai toujours aimé les mains qui montrent leurs veines. Ce sont des mains vivaces, palpitantes, travaillantes, chaudes, usées comme une couverture d’enfance ou un foulard qu’on a trop aimé.

Miss Joyce évoquait la professeure de piano dans ses plus beaux clichés, la coiffure austère qui pourtant révélait la douceur des traits, la jupe coupée droit qui laissait deviner un corps bien vieilli, les chaussures classiques aux talons hauts mais solidement carrés. Le temps ralentissait quand elle parlait, sa patience tenant les minutes comme des gouttes d’eau qui refusent de tomber du robinet. Dans le salon de Miss Joyce, tout semblait se passer en adagio. Ou est-ce la mémoire qui me joue des tours?



Playing the Global, Voicing the Local


I just returned from the Annual CASCA (Canadian Anthropology Society) Conference which took place in Toronto this year. I had organized a panel with a few colleagues of mine about music, hoping we could get those music-deficiant anthropologists to open their ears and go beyond texts and photos for a couple of hours. It was an absolutely wonderful experience. We are thinking of pitching our papers for publication ( as a theme for an academic journal).

But for now, you can check out some of the music we presented, photos and the abstracts to our presentation at the following link.

Playing the Global …

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Yara